Droit de veto : La France ne cédera pas
Après avoir publié en février 2000 un livre-entretien « Millenarium, quel avenir pour l’humanité? » avec les chefs d’Etat du G7, l’Association Millenarium vient de lancer, à l’ensemble des 190 dirigeants du monde, une pétition présidentielle pour le respect de la charte de l’Organisation des Nations Unies et de la légalité internationale.
En d’autres temps, nous acceptions la cession des Sudètes à l’Allemagne. Nous n’avons pas sauvé la paix. Il y a 63 ans, la France éternelle se couchait ; elle ne s’en est jamais relevée. Aujourd’hui, une nouvelle guerre devient réalité dans un Moyen-Orient instable, dans un monde en perte de valeurs humaines. Le 20ème siècle est américain, les Etats-unis d’Amérique veulent le suivant. Après le galop d’essai au cœur de l’Europe, en Yougoslavie ; au-delà des apparences pétrolières, la guerre contre l’Irak ne serait qu’une mesure définitive de terreur. La loi du très fort, la loi du gang érigée en Commandement international. Avec ou sans légalité, les Etats-Unis d’Amérique veulent faire un exemple, un sacrifice : ils dirigeront le monde sans partage quitte peut-être à inventer des preuves si elles n’existaient pas.
Maintenant, il s’agit de notre souffrance, à nous, Français. Il s’agit d’une question d’honneur quand d’autres, sous l’occupation national-socialiste poussaient l’intégrité jusqu’à, tel monarque à porter l’étoile de David, tel peuple à préférer le joug d’un Gauleiter à la collaboration. Monsieur Jean-Marc de La Sablière, vous représentez la France au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies. Vous nous représentez, le peuple de France. Au titre de membre permanent du Conseil de Sécurité, la France détient un droit de veto. C’est de ce droit précieux que dépend la légalité d’une guerre contre le peuple d’Irak.
Le président Bush déclarait, il y a quelques semaines, engager un conflit en Irak avec une résolution des Nations Unies, légalement, ou sans résolution, illégalement. Dans la dynamique de tempérance et de raison initiée par la France et l’Allemagne, l’Europe pouvait trouver son âme aux yeux du monde. Huit pays européens viennent de se coucher dans les draps de la désintégration.
Seule au monde avec l’honneur de l’humanité dans une main, la France n’a peut-être pas tenu. Si le président Bush accepte aujourd’hui d’intégrer son projet dans le cadre d’une résolution des Nations Unies, c’est qu’il viendrait d’obtenir la reddition de la France. Seule au monde, la fille aînée de l’humanité s’apprête de nouveau à poser le genou à terre face à la terreur qu’impose la loi du très fort.
En d’autres temps, quand l’Allemagne envahissait la Pologne le 1er septembre 1939, l’Angleterre et la France déclaraient la guerre à l’Allemagne le 3 septembre. Vous touchez un cheveu de la Pologne et c’est la guerre. En d’autres temps, une alliance n’était pas un vain mot.
L’Organisation des Nations Unies a des repères simples dans le jeu des alliances militaires entre ses membres : si une agression est commise à l’encontre d’un des pays membres, c’est l’ensemble de la communauté des membres qui lui portera secours diplomatiquement et militairement.
En aucun cas, le peuple de France ne laissera son représentant légaliser une action dont les Nations Unies n’auraient pas justifié le caractère légitime. Si les Etats-Unis d’Amérique venaient à agresser l’un des membres de l’Organisation des Nations Unies sans résolution de sa part, il est inévitable que les Etats-Unis d’Amérique soient exclus de l’Organisation des Nations Unies.
Le représentant du peuple français doit utiliser le droit de veto de la France, c’est une question d’honneur, l’honneur de l’humanité, l’honneur retrouvé de la France.


